Les plantes sont capables d'agir fortement sur les contaminants organiques des sols en les dégradant ou en les stabilisant notamment

Trois questions à
Pierre LEGLIZE

Comment peut-on évaluer la qualité d’un sol ? Quels indicateurs peuvent être utilisés ? 

Il vaut mieux parler de caractéristiques agronomiques d’un sol plutôt que de qualité car il n’existe pas de sol parfait mais un sol adapté à un usage/culture plutôt qu’à un autre. Il existe de nombreux indicateurs qui permettent d’évaluer les caractéristiques agronomiques des sols. On peut par exemple regarder la présence d’organismes vivants dans le sol (vers de terre, insectes, …), leur présence indique en effet une forte activité de dégradation de la matière organique et libère des éléments minéraux utiles aux plantes pour se développer. D’autres indicateurs comme la capacité d’échange cationique vont permettre de mesurer la quantité d’ions mobiles dans le sol, c'est-à-dire la facilité qu’aura une plante à absorber et donc à croître sur un sol.

Les agriculteurs sont ils obligés de faire une analyse leurs sols avant de déterminer les cultures qu’ils vont y effectuer ?

Les agriculteurs n’ont pas d’obligation de faire une analyse de leur sol avant de choisir les cultures qu’ils vont y faire mais cette analyse peut être précieuse pour optimiser leurs futurs rendements. Les plantes n’ont en effet pas toutes les mêmes besoins, il y en a par exemple qui vont avoir besoin de plus d’azote que d’autres (c’est le cas des tomates), et il y a des sols qui vont être plus riches en azote que d’autres. La connaissance la composition d’un sol peut également permettre à l’agriculteur d’apporter à ses cultures uniquement la dose de fertilisants nécessaire et de faire ainsi des économies substantielles.

Quel(s) type(s) d’effet(s) peuvent avoir les plantes sur un sol pollué ? 

Il existe plusieurs méthodes d'action des plantes sur la pollution d'un sol,  on parle globalement du processus de phytoremédiation. Les plantes sont en effet capables soit d'absorber les contaminants (surtout les contaminants métalliques), de les dégrader (polluants organiques) ou bien de les stabiliser (polluants organiques et métalliques). Même si ces méthodes de gestion de la pollution des sols sont prometteuses, elles sont pour la plupart encore au stade expérimental et ne connaissent pas encore de fort développement industriel.

 


Activité au sein de ma structure

Mon travail s’inscrit dans le cadre de l’étude de la dynamique des contaminants organiques dans les sols et en particulier dans la zone d’activités biogéochimiques intenses qu’est la rhizosphère (sous – thème « Dynamique des polluants dans la rhizosphère »). Je cherche à décrire les interactions entre les matières organiques d’origines naturelles (matières organiques humifiées, exsudats racinaires….) ou anthropiques (notamment dans les friches industrielles) et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), comme les phénomènes de sorption et de transformation. Il s’agit de comprendre ces interactions sur le long terme et d’expliquer la formation et la distribution de composés tels que les résidus liés. 

Je participe également à la formation des ingénieurs de l’ENSAIA au niveau du tronc commun et des spécialisations.

Mon parcours de formation

2001-2004
Doctorat géoscience spécialité science du sol Université Henri Poincaré :
Interactions bactéries-phénanthrène-charbon actif en vue de l’élaboration d’une Barrière Perméable Réactive.
Financement ADEME-BRGM.

2007-2008
Postdoctorat CNRS-LIMOS :

  • Biodégradabilité et stabilité des matières organiques des sédiments de rivière,
  • Développement et optimisation d’un procédé de biodégradation in situ de l’échelle du laboratoire à l’échelle pilote, couplage monitoring géophysique/indicateurs de biodégradation d’hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Mes interventions pour l'IRD2

Rencontre chercheurs
samedi 14 sept. 2013 • Ferme de la Tuilerie (61)
Quelle Utilité Sociale et Environnementale des installations agricoles ?
 
 
 

Mes coordonnées

Site web : http://lse.univ-lorraine.fr/

Email : Pierre.Leglize[at]ensaia.inpl-nancy.fr