Trois questions à
Claire CHENU

Quelle est votre définition du sol ?

C’est l’épiderme de la terre, la petite couche à la surface de notre planète, à l’interface entre la roche et l’atmosphère et donc les phénomènes climatiques. C’est le lieu de rencontre du vivant et du minéral, c’est le milieu qui permet la croissance des plantes dont dépendent l’ensemble des écosystèmes terrestres, dont nous dépendons tous finalement.

Le sol, c’est aussi le milieu qui reçoit l’eau, qui permet que l’eau s’infiltre dans la terre et recharge les aquifères. Mais c’est également le lieu d’une diversité biologique absolument extraordinaire. Donc le sol c’est une composante de l’écosystème terrestre qui assure des services éco systémiques très importants.

S’il fallait mettre en place demain une action pour la préservation des sols, vous commenceriez par quoi ?

Cela dépend de l’échelle à laquelle on se place, les enjeux ne sont en effet pas les même selon si on se place à l’échelle nationale ou internationale.

En France, la menace majeure sur les sols est l’artificialisation, donc aujourd’hui il faut faire connaitre les sols, former aux sols, échanger sur les sols avec tous ceux qui sont impliqués dans l’artificialisation : élus, responsables de collectivités locales et territoriales, de services techniques déconcentrés … de façon à leur faire prendre en compte l’essence des sols et le fait que le sol assure des fonctions très diverses et pas uniquement la fonction de production.

Au niveau international l’enjeu primordial est d’améliorer les sols pour la production alimentaire.

Pour vous qu’est-ce qu’un sol de « grande valeur » ?

C’est un sol qui a la capacité à réaliser plusieurs fonctions, qui est multifonctionnel sans s’épuiser tout de suite. La notion de durabilité est en effet primordiale dans la valeur qu’on donne à un sol. Un sol de grande valeur c’est aussi un sol qui a une certaine adéquation avec ce qu’on voudrait en faire : par exemple un sol qui a un fort potentiel agronomique révèle sa valeur si on veut faire pousser de la biomasse dessus.


Activité au sein de ma structure

Claire CHENU travaille dans l'équipe "Matières organiques des sols : dynamiques et fonctions" au sein de l'IESE. Cette équipe s'intéresse à la caractérisation et aux fonctions essentielles que jouent les matières organiques dans les sols et les écosystèmes terrestres ( fertilité chimique des sols par la fourniture d’éléments minéraux nutritifs et fertilité physique par leur effet sur la structure du sol).

L'équipe a ainsi pour objectif :

  • de mesurer les vitesses de renouvellement des matières organiques dans les sols
  • de les expliquer par différents processus de stabilisation des MOS (récalcitrance, protection physique et physico-chimique, contrôles microbiens)
  • d’améliorer les modèles de la dynamique des matières organiques des sols par une incorporation de la connaissance acquise sur ces processus
  • d’établir des relations entre nature, localisation, dynamique des MOS et leurs fonctions (stockage de C, rétention de pesticides, stabilisation de la structure des sols, érosion)

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Mes coordonnées

Site web : http://www.biologie.ens.fr/bioemco/

Email : Claire.Chenu[at]grignon.inra.fr