« La terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. »

Seattle, chef indien Suquamish

Trois questions à
Bruno PEUPORTIER

Pouvez vous nous donner une définition de ce qu’est l’énergie grise ?

C'est l'énergie qui ne se voit pas sur les factures, mais qui est consommée pour produire les matériaux et composants de construction, les transporter, les entretenir et les traiter en fin de vie. Quelle part de l’énergie d’un bâtiment peut elle représenter ? L'énergie grise ne représente que moins de 10% de l'énergie consommée dans un bâtiment ancien, mais un tiers du total sur le cycle de vie d'un bâtiment passif (correspondant aux meilleures pratiques en basse consommation).

Comment peut on mesurer l’énergie grise d’un bâtiment ?
Quels liens avec l’Analyse de Cycle de Vie ?

Il faut comptabiliser l'ensemble des consommations, depuis l'extraction des matières premières jusqu'à la fin de vie. On utilise alors l'analyse de cycle de vie. Mais l'énergie n'est qu'un des critères évalués par cette méthode. Il faut en effet éviter de créer d'autres problèmes, en particulier en termes de santé ou de biodiversité. C'est l'intérêt de certains matériaux biosourcés, mais qui n'est pas bien évalué dans les fiches de déclaration environnementales et sanitaires (FDES), trop simplifiées : par exemple les dioxines n'y figurent pas, ce qui avantage certains plastiques. Il existe heureusement des outils plus précis, utilisant la base européenne Ecoinvent.

Connaissez vous des pistes pour minimiser cette énergie grise ?

Il ne faut surtout pas minimiser l'énergie grise. Une bonne isolation, une forte inertie thermique, des capteurs solaires, une éolienne ou des triples vitrages augmentent l'énergie grise, mais réduisent la consommation totale sur le cycle de vie, ainsi que les impacts environnementaux. Les outils d'aide à l'éco-conception permettent d'étudier ces questions sur les projets. L'étanchéité à l'air, la ventilation à double flux ou les économiseurs d'eau nécessitent peu de matériaux et donc d'énergie grise, tout en améliorant le bilan environnemental. Les matériaux à moindre impact (agro-matériaux, terre crue) peuvent constituer des alternatives intéressantes, à condition de ne pas dégrader la performance par ailleurs (en particulier en termes de durabilité).


Activité au sein de ma structure

Bruno PEUPORTIER est responsable scientifique au Centre d’Efficacité Energétique des Systèmes de l’Ecole des mines de Paris.
Ses domaines de recherche couvrent à la fois la thermique des bâtiments et l’analyse de cycle de vie des bâtiments.

Il est également enseignant sur ces thématiques à l’Ecole des Mines et dans différentes écoles d’ingénieurs et d’architecture. Bruno PEUPORTIER est l’auteur de l’ouvrage «Éco-conception des bâtiments et des quartiers – bâtir en préservant l’environnement».

Mon parcours de formation

Ingénieur Ecole Centrale de Paris, Doctorat Université Paris VI, Habilitation à diriger les recherches Université de Cergy-Pontoise.

Mon implication dans le Développement Durable

Président de l’association Énergies Durables en Ile de France (Espace Info Énergies) de 2002 à 2011 et membre du Comité de Liaison Énergies Renouvelables depuis plus de 20 ans

Mes interventions pour l'IRD2

Rencontre chercheurs
vendredi 01 mars 2013 • Écosite du Dezert
Énergie grise, gestion fine : les nouveaux enjeux dans les bâtiments à basse consommation NRJ
 
 
 

Mes coordonnées

Site web : http://www.mines-paristech.fr/Services/Annuaire/bruno-peuportier

Email : bruno.peuportier[at]mines-paristech.fr