Contexte de création

Le système de développement sur lequel s’appuie l’économie mondiale connaît actuellement un questionnement décisif qui interpelle chacun de ses acteurs. Depuis deux cents ans, ce modèle s’est donné pour objectif le « progrès », basant son action sur l’idée que les découvertes scientifiques et l’évolution des techniques qu’elles engendrent sont à la fois infinies et bienfaitrices. Mais ce modèle de développement s’est construit sans suffisamment prendre en compte les limites de certaines ressources et sans bien évaluer ses impacts sur l’environnement et la santé. Pour ces raisons, il peut être considéré aujourd’hui comme n’étant pas « durable ».

Certains dérèglements sociaux et environnementaux sont aujourd’hui suffisamment significatifs pour rendre crédible, si rien n’est fait, la perspective d’un monde invivable en raison des atteintes irréversibles qu’il aura eu à supporter. Pour échapper à cette perspective, il faut donc admettre que tout comportement, que toute innovation mérite d’être également analysée à la lumière de critères sociaux et environnementaux pour déterminer si elle constitue un progrès réel contribuant à un développement durable.

Le développement durable contraint donc chaque acteur à questionner son comportement au moyen d’outils qu’il ne maîtrise pas nécessairement. Cette évaluation s’avère particulièrement délicate parce qu’elle suppose une nouvelle forme d’expertise devant permettre :

  • d’une part, d’apprécier de manière segmentée chaque action menée par un même acteur en plus d’une appréciation globale de son comportement ;
  • d’autre part, d’appliquer une échelle d’évaluation qui sera constituée de valeurs de nature différente (empilement des normes environnementales, multiplication des certifications, etc.).

C’est précisément pour aider les institutions publiques ou privées à s’approprier ces critères qui dépassent leurs domaines d’intervention respectifs que l’Institut Régional du Développement Durable a été créé. A l’échelle de la Basse-Normandie, l’IRD2 entend mettre en relation les acteurs qui contribuent à son développement et qui se trouvent confrontés à ces questions avec celles et ceux (chercheurs, formateurs, experts) qui peuvent les aider à évaluer leur action et qui peuvent les accompagner, les éclairer dans leur prise de décision.

Sa fondation par l’Université et le Conseil Régional de Basse Normandie ainsi que son administration au travers de cinq collèges donnent à l’Institut une place privilégiée pour permettre à l’ensemble des acteurs du territoire (élus, gestionnaires d’espaces naturels, associations, syndicats, dirigeants d’entreprises, citoyens …) de questionner directement des chercheurs sur les choix les plus pertinents à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs d’un développement soutenable. Cette logique de décloisonnement fait la spécificité de l’IRD2 par rapport à d’autres organismes travaillant dans le même domaine mais ne représentant pour la plupart qu’un type d’acteurs. En effet, l’Institut a cette capacité à fédérer des adhérents provenant de secteurs différents au sein de 4 collèges :

  • Acteurs de L’enseignement supérieur, la formation et la recherche
  • Acteurs des structures-relais de valorisation de la recherche
  • Acteurs des territoires et leurs représentants
  • Acteurs économiques et associatifs

Auxquels sont associés l’État et ses agences.