Publié vendredi, le rapport sur les perspectives de développement des énergies marines renouvelables considère qu’elles constituent « un enjeu stratégique pour la France ». Les EMR devraient permettre de créer de nombreux emplois en diversifiant notre mix énergétique national et régional, tout en préservant l’environnement marin.

Sans surprise le rapport commandé par le gouvernement sur les énergies marines renouvelables est globalement positif. Fruit d’une mission conjointe du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable et du Conseil Général de l’Économie, de l’Industrie, de l’Énergie et des Technologies, le texte dresse un inventaire des technologies disponibles (énergie hydrolienne, éolien offshore flottant, énergie houlomotrice et marémotrice, énergie thermique des mers, climatisation par eau de mer (SWAC) et énergie osmotique) et liste les enjeux industriels, économiques, juridiques et environnementaux associés à l’essor de cette nouvelle filière de production d’énergie, qualifiée de « stratégique ».

Selon les auteurs du rapport, pour réussir ce développement devra cependant « s’inscrire dès le début dans une perspective de fermes commerciales », ce qui contribuera à la visibilité à moyen terme. Pour cela, le texte recommande que les modèles techniques utilisés dans les fermes-pilotes soient proches de ceux qui seront utilisés dans les fermes commerciales.

Fermes pilotes indispensables

Par ailleurs, les fermes pilotes devront être situées au coeur des futures fermes commerciales en évitant impérativement le « mitage » par un zonage approprié. Enfin, le rapport considère qu’un soutien public doit être apporté compte tenu des risques techniques et financiers.

Pour les experts, quelques décisions rapides sont requises. Il convient tout d’abord de lancer des projets thématiques ANR (Agence nationale de la Recherche) sur les énergies marines (études marines, ou d’impact, ou référentiels de qualification par exemple) ainsi que des projets de coopération nationaux sur les moyens d’essais en bassin.

Par ailleurs, il faut lancer au plus vite par l’ADEME l’appel à projets AMI sur les briques technologiques et les démonstrateurs. Dans le même temps, « l’étape des fermes pilotes est incontournable » pour les auteurs du rapport.

Lancer rapidement l’AMI

Il y a « quasiment consensus » sur la nécessité technique et économique d’installer et de tester des fermes pilotes, en particulier pour les investisseurs demandant de la visibilité et un retour d’expérience avant de s’engager à plus grande échelle, affirme le texte, Afin de réduire les coûts, il apparaît souhaitable de mutualiser les frais fixes, très lourds, communs aux industriels, raccordement électrique, études préalables et études d’impact précise le rapport.

Concrètement, les experts recommandent de lancer dès que possible l’Appel à Manifestation d’intérêt (AMI) de l’ADEME sur les fermes pilotes, et mettre en place les tarifs d’achat adaptés aux cas particuliers des EMR au stade des fermes pilotes. Enfin, ils conseillent d’afficher une visibilité pour l’ensemble de la filière industrielle des EMR en confirmant pour les développeurs et investisseurs la volonté politique nationale en termes de volumes visés et de alendriers ambitieux et réalistes.

(source : Enviro2B)